(25-février-2009) (Source: Adepo Olivier - adepognadol@yahoo.fr )
La date du 28 février 2009, fixée pour la fin des opérations d’identification et d’enrôlement, serait intenable. Cinq mois après le lancement des opérations, la CEI n’a pu enrôler plus de la moitié des Ivoiriens pour des problèmes techniques et logistiques évidents.
Alors que les partis politiques et les acteurs de l’Accord de paix disent d’une même voix qu’aucun ivoirien ne devra être exclu de l’opération d’identification et d’enrôlement, la CEI semble ne pas entendre raison. Elle maintient la date du 28 février 2009 pour la fin des opérations au détriment d’une grande majorité des Ivoiriens qui attendent de se faire enrôler.
Selon un bilan partiel, la CEI n’a permis seulement qu’à plus de 5 millions d’Ivoiriens de s’acquitter de ce droit citoyen. Alors question. Quand on sait que l’objectif que s’est assigné le président de la commission électorale indépendante est d’enrôler plus de 9 millions d’Ivoiriens, comment justifiera-t-il les laissés-pour-compte ? Quid des 4 autres millions d’Ivoiriens ?
L’enjeu de ces deux opérations réside dans la résolution de la question de l’identité longuement citée dans cette crise. Malheureusement, la conséquence de son incapacité à honorer ses engagements, c’est bien évidemment l’exclusion de milliers d’Ivoiriens. Raison pour laquelle le président du Conseil économique et social, DONA FOLOGO, a souhaité qu’il soit mis plus de temps et de moyens pour faire aboutir ce processus. " Je crois qu’il faut être réaliste et gérer ce processus pour qu’il soit générateur de paix", a estimé également le secrétaire général du PDCI, le Pr Djédjé Mady.
En effet, à 4 jours de la fin de l’identification, le président de la CEI, M. Beugré Mambé, semble ne plus maitriser les contours du processus d’identification. Tant les problèmes l’assaillent. Des agents grincent des dents pour des salaires impayés et confisquent des valises. Des problèmes de terrain, notamment le manque de matériel et d’agents de réception d’archivage, insuffisance de groupes électrogènes et de moyens de transport pour des zones reculées, des tribunaux encore inexistants, la reconstitution des registres détruits ou perdus est au ralenti… pour ne citer que ces problèmes.
L’enjeu de cette opération est d’autant plus important qu’on ne le peut le traiter sur la base des intérêts personnels. En tout état de cause, pour l’intérêt de la Côte d’Ivoire, il faut reculer la date de la fin de l’identification.
Olivier Adépo
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